La réforme du diagnostic de performance énergétique applicable en 2026 modifie la façon de calculer la note des logements chauffés à l’électricité. Résultat : des centaines de milliers de biens changent de classe, et beaucoup sortent du statut de passoire thermique sans le moindre travaux. Voici ce que cela change, surtout pour les bailleurs.
Un nouveau coefficient pour l’électricité en 2026
Le calcul du DPE convertit l’énergie consommée en énergie dite primaire, à l’aide d’un coefficient. Pour l’électricité, ce coefficient est abaissé à 1,9, contre une valeur plus élevée auparavant. L’objectif est de mettre le diagnostic en cohérence avec la décarbonation du mix électrique français. En pratique, un logement chauffé à l’électricité obtient, à consommation identique, une meilleure note qu’avec l’ancien calcul.
Environ 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique
La conséquence est massive : d’après les estimations, près de 850 000 logements quittent le statut de passoire thermique du seul fait de ce nouveau calcul, sans aucun travaux. La plupart sont des biens classés F qui passent en E, et une partie des logements classés G qui remontent en F. Autrement dit, un bien jugé énergivore en 2025 peut se retrouver mieux classé en 2026.
Ce que cela change pour les bailleurs
L’enjeu est concret au regard du calendrier d’interdiction de location. Les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront à compter de 2028 et les E à compter de 2034. Un bailleur dont le logement électrique était classé F en 2025 peut, grâce au nouveau calcul, repasser en E et échapper à l’échéance de 2028. Vérifier la classe actuelle de son bien devient donc déterminant pour savoir s’il reste louable.
Faut-il refaire son DPE ?
Un DPE réalisé avant la réforme peut ne plus refléter la classe réelle du logement, en particulier pour un bien chauffé à l’électricité. Faire établir un diagnostic à jour permet de connaître sa véritable situation. Rappelons que le DPE est opposable depuis 2021 : un diagnostic erroné engage la responsabilité de son auteur et peut être contesté par l’acquéreur ou le locataire.
Pour vérifier l’impact de cette réforme sur votre bien ou contester un DPE erroné, l’appui d’un avocat en droit immobilier est précieux. Voir aussi la page bail d’habitation.