Avocat pour contestation d’assemblée générale de copropriété à Paris

Contester une assemblée générale de copropriété à Paris : procédure, délais et recours

Une décision d’assemblée générale de copropriété peut avoir des conséquences financières importantes : vote de travaux coûteux, modification de la répartition des charges, autorisation contestable, atteinte aux droits d’un copropriétaire.

Or, une assemblée générale peut être irrégulière pour de nombreuses raisons :
non-respect des règles de majorité, défaut de convocation, erreur dans le décompte des voix, absence d’information préalable, violation du règlement de copropriété.

En matière de copropriété, la contestation est strictement encadrée par la loi du 10 juillet 1965.
Le délai est court — deux mois — et toute erreur procédurale peut rendre l’action irrecevable.

Avocat en droit de la copropriété à Paris, j’assiste les copropriétaires qui souhaitent contester une décision d’assemblée générale devant le Tribunal judiciaire, après analyse précise du procès-verbal et des pièces préparatoires.

🎯 Objectif : vérifier la validité juridique de la décision et engager, si nécessaire, une action en annulation sécurisée et stratégique.

Cette action s’inscrit dans le cadre plus large du contentieux de la copropriété à Paris.


⚠️ Vous disposez de combien de temps pour agir ?

Le délai pour contester une décision d’assemblée générale est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Passé ce délai, la décision devient en principe définitive.

Le point de départ du délai de deux mois débute à la réception de la notification du procès-verbal de l’assemblée générale. Cette notification doit être effectuée par le syndic à l’ensemble des copropriétaires, qu’ils aient été présents, représentés ou absents lors de l’AG.

L’article 42 de la loi du 10 juillet 1965 fixe ce délai impératif. Il s’agit d’un délai franc : le jour de la notification et le dernier jour ne sont pas comptés. Par exemple, si vous recevez la notification le 15 janvier, le délai commence à courir le 16 janvier et expire le 16 mars à minuit.

Pour les copropriétaires opposants — ceux qui ont voté contre une résolution — le délai court à compter de la tenue de l’assemblée si leur opposition est mentionnée au procès-verbal. Pour les copropriétaires défaillants, absents ou non représentés, le délai démarre uniquement à compter de la notification du procès-verbal de l’assemblée générale.

La Cour de cassation a précisé que ce délai s’applique strictement. Une action introduite même un jour après l’expiration du délai de deux mois sera déclarée irrecevable par le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.


Une contestation d’assemblée générale peut être engagée notamment en cas de :

  • Non-respect des règles de majorité (articles 24, 25 ou 26 de la loi du 10 juillet 1965)
  • Défaut ou irrégularité de convocation
  • Absence de communication des documents obligatoires
  • Erreur dans le décompte des voix
  • Décision contraire au règlement de copropriété
  • Abus de majorité
  • Atteinte disproportionnée aux droits d’un copropriétaire

Les irrégularités de forme

Les irrégularités de forme concernent le respect des règles de procédure encadrant la tenue des assemblées générales de copropriétaires. La convocation doit être adressée à tous les copropriétaires dans les formes légales, accompagnée de l’ordre du jour détaillé.

  • Le défaut de convocation d’un ou plusieurs copropriétaires constitue une cause de nullité. La jurisprudence de la Cour de cassation est stricte sur ce point : l’absence de convocation régulière prive le copropriétaire de son droit de participer aux décisions prises en assemblée générale.
  • L’ordre du jour doit mentionner de manière suffisamment précise les questions soumises au vote. Une formulation trop vague ou imprécise peut vicier l’ensemble de la procédure. Par exemple, inscrire « travaux divers » sans autre précision ne permet pas aux copropriétaires de se prononcer en connaissance de cause.
  • Les documents obligatoires doivent être communiqués avant l’AG : comptes du syndicat, devis pour les travaux, projet de modification du règlement de copropriété. Leur absence peut justifier l’annulation des résolutions adoptées, notamment lorsque les copropriétaires n’ont pas pu exercer leur droit d’information.
  • L’erreur dans le décompte des voix représente également un motif fréquent de contestation. Le syndic doit calculer précisément les tantièmes de chaque copropriétaire et vérifier que la majorité requise est atteinte. Une erreur de calcul, même minime, peut entraîner la nullité de la décision si elle affecte l’atteinte de la majorité.

Les irrégularités de fond

Au-delà des questions de forme, certaines décisions peuvent être contestées pour des motifs de fond. Une résolution contraire au règlement de copropriété ou à l’application de la loi du 10 juillet 1965 peut faire l’objet d’une demande d’annulation.

L’abus de majorité constitue un motif d’annulation reconnu par la jurisprudence. Il se caractérise par une décision prise dans l’intérêt exclusif de la majorité, au détriment des droits légitimes d’un ou plusieurs copropriétaires, sans justification par l’intérêt collectif de la copropriété.

L’atteinte disproportionnée aux droits d’un copropriétaire peut également justifier une action. La décision adoptée doit respecter un équilibre entre l’intérêt collectif du syndicat des copropriétaires et les droits individuels de chacun.


Comment se déroule la procédure d’annulation ?

La contestation s’effectue devant le Tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.

1) La phase préparatoire

L’avocat examine le procès-verbal de l’assemblée générale ligne par ligne, vérifie la régularité de la convocation, contrôle le respect des mentions obligatoires, analyse le décompte des voix et la majorité appliquée pour chaque résolution. Il compare les décisions prises avec les dispositions du règlement de copropriété et les règles légales.

Cette analyse permet d’identifier les motifs de contestation recevables et de déterminer la stratégie la plus adaptée. Toutes les irrégularités ne justifient pas une assignation. Le cabinet évalue l’intérêt à agir, la nature du préjudice, et les perspectives d’annulation d’une assemblée en évitant des erreurs de procédure.

2) L’assignation du syndicat des copropriétaires représenté par son syndic

L’action en annulation est dirigée contre le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic. L’assignation doit être rédigée avec précision et comporter l’ensemble des mentions légales requises.

Elle expose les faits, détaille les irrégularités constatées, vise les textes applicables (loi du 10 juillet 1965, décret d’application, jurisprudence de la Cour de cassation), et formule les demandes : annulation de la ou des résolutions contestées, éventuellement dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.

3) L’instance devant le tribunal judiciaire

Après l’assignation, la procédure entre dans la phase contentieuse devant le tribunal judiciaire du lieu. Le syndicat, par l’intermédiaire de son avocat, dépose ses conclusions en défense. Un échange d’arguments écrits s’organise : conclusions, pièces, répliques.

La décision du tribunal intervient généralement plusieurs semaines ou mois après l’audience. Le juge peut prononcer l’annulation totale ou partielle des résolutions contestées, rejeter la demande, ou encore condamner le syndicat à indemniser le copropriétaire pour le préjudice subi.

Si la décision est favorable, les résolutions annulées sont réputées n’avoir jamais existé. Le syndicat doit tirer les conséquences de l’annulation : remboursement des sommes perçues, nouvelle délibération si nécessaire, mise en conformité avec le règlement.


Faut-il toujours contester ?

Toutes les décisions irrégulières ne justifient pas une action.

L’analyse coût bénéfice

Avant d’engager une procédure de contestation, une évaluation objective de la situation s’impose. L’action en justice représente un investissement en temps, en énergie et en moyens financiers. Elle doit être proportionnée aux enjeux.

L’intérêt à agir constitue une condition de recevabilité de l’action. Le copropriétaire doit justifier d’un intérêt né, actuel et légitime. Contester une décision sans conséquence concrète sur sa situation expose à un rejet pour défaut d’intérêt.

Les alternatives à la contestation

Dans certains cas, attendre la prochaine assemblée pour obtenir un vote contraire ou une modification de la résolution peut s’avérer plus efficace qu’une contestation judiciaire. Cette stratégie suppose toutefois que les conséquences de la décision initiale restent limitées en attendant.


FAQ – Contestation d’assemblée générale

Peut-on contester une seule résolution ?

Oui, la contestation peut porter sur une ou plusieurs résolutions spécifiques. Il n’est pas nécessaire de remettre en cause l’ensemble de l’assemblée générale de copropriété.

L’assignation doit identifier précisément la ou les résolutions contestées et exposer pour chacune les motifs d’annulation. Le tribunal statue résolution par résolution et peut annuler certaines décisions prises tout en validant les autres.

Un copropriétaire absent peut-il contester ?

Oui, sous conditions, dès lors que les délais sont respectés.

Le copropriétaire absent ou non représenté lors de l’assemblée dispose d’un droit de contestation. Pour lui, le délai de deux mois court à compter de la notification du procès-verbal, et non de la date de l’assemblée.

Ce coproprietaire est qualifié de « défaillant » dans la terminologie juridique. Il n’a pas voté contre la résolution, puisqu’il n’était pas présent, mais il conserve la faculté de contester si la décision lui cause un préjudice ou si elle est entachée d’irrégularité.

Qui peut contester une décision d’AG ?

Tout copropriétaire ayant un intérêt légitime peut engager une action en contestation : copropriétaires opposants qui ont voté contre, copropriétaires défaillants absents lors du vote, et même dans certains cas les copropriétaires qui ont voté pour mais qui découvrent ultérieurement une irrégularité grave.

Quels sont les risques d’une contestation ?

En cas de rejet de la demande d’annulation, le copropriétaire demandeur supporte les frais de procédure (honoraires d’avocat, frais d’assignation). Il peut également être condamné aux dépens et, dans les cas extrêmes, à des dommages et intérêts pour procédure abusive si le tribunal estime que l’action était manifestement infondée.

Combien de temps dure une procédure de contestation ?

La durée varie selon la complexité du dossier et l’encombrement du tribunal judiciaire. En moyenne, une procédure de première instance dure 15 à 24 mois. Si un appel est formé, il faut ajouter 18 à 30 mois supplémentaires.

Certaines procédures peuvent être accélérées par l’introduction d’un référé si la situation l’exige, notamment pour suspendre l’exécution de travaux contestés en attendant la décision sur le fond.

La contestation suspend-elle l’exécution de la décision ?

En principe, non. Une résolution adoptée en assemblée générale est immédiatement exécutoire, même si elle fait l’objet d’une contestation. Le syndicat peut donc mettre en œuvre la décision : lancer les travaux votés, engager les dépenses prévues, modifier le règlement.

Toutefois, le copropriétaire peut demander au juge des référés la suspension de l’exécution s’il démontre que celle-ci risque d’entraîner des conséquences difficilement réparables. Cette procédure d’urgence, distincte de l’action au fond, permet d’obtenir une décision provisoire dans l’attente du jugement définitif.

Peut-on contester une décision après avoir voté pour ?

Cette question soulève des difficultés juridiques. En principe, un copropriétaire qui a voté en faveur d’une résolution ne peut ensuite la contester, sauf à démontrer l’existence d’un vice d’une particulière gravité affectant la validité même de l’assemblée (nullité absolue).

La jurisprudence admet toutefois des exceptions lorsque l’irrégularité découverte ultérieurement porte atteinte à l’ordre public ou aux dispositions impératives de la loi. Par exemple, un vote obtenu par dol ou manœuvres frauduleuses peut être contesté même par ceux qui ont voté pour.